L’incidence des gonorrhées résistantes aux dernières options thérapeutiques ne cesse de progresser

6 septembre 2014

L’incidence des gonorrhées de moindre sensibilité aux céphalosporines de troisième génération, qui représentent les dernières options thérapeutiques, ne cesse de progresser en France, selon une étude publiée jeudi par Eurosurveillance.

"L’émergence de résistance aux céphalosporines de troisième génération est extrêmement inquiétante", selon Guy La Ruche de l’Institut de veille sanitaire (INVS) et ses collègues, notamment parce qu’il n’existe pas d’alternative thérapeutique actuellement disponible, expliquent les auteurs.

Avec ses collègues, ils ont analysé l’évolution de la résistance de Neisseria gonorrhoeae en France entre 2001 et 2012, en s’appuyant notamment sur les réseaux RésIST et Rénago. Pendant cette période, le nombre d’infections gonococciques était stable.

En 2012, la proportion des souches résistantes à la pénicilline, à la tétracycline et à la ciprofloxacine s’élevait respectivement à 14%, 29% et 37%. Or, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la première ligne de traitement doit guérir au moins 95% des patients et ne doit pas être envisagée si plus de 5% des souches sont résistantes.

Les souches analysées sur l’ensemble de la période étaient sensibles à la spectinomycine, mais cet antibiotique n’était plus commercialisé entre 2008 et 2011 en France. De plus, du fait des échecs thérapeutiques de la spectinomycine pour guérir les gonorrhées pharyngées, elle est réservée à la deuxième ligne, en cas de contre-indication aux bêtalactamines (dérivés de la pénicilline et céphalosporines, notamment).

Si la proportion de souches moins sensibles au céfixime reste inférieure à 5%, elle a quadruplé entre 2011 et 2012. Cela suggère que les médecins continuent de le prescrire en première ligne, malgré les recommandations de 2005 qui préconisent en première intention une injection de ceftriaxone (500 mg) et, en deuxième, une dose de céfixime par voie orale. Le céfixime doit en théorie être réservé aux patients qui refusent la ceftriaxone ou lorsqu’une administration parentérale n’est pas possible.

Les auteurs indiquent ne pas disposer de données sur la sensibilité des gonorrhées à l’azithromycine. En France, cet antibiotique peut être prescrit en association avec la cetriaxone pour traiter des cas suspects d’urétrite et de cervicite.