Dépistage du cancer de la prostate : le bénéfice sur la mortalité se maintient (étude européenne)

7 août 2014

Le dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA réduit la mortalité associée à ce cancer d’un cinquième, selon des résultats actualisés de l’essai européen publiés dans le Lancet.

Le dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA n’est pas recommandé mais est très utilisé. L’essai ERSPC (European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer) a montré une réduction de 20% de la mortalité par cancer de la prostate. Mais l’essai américain n’a pas trouvé de bénéfice. La question reste controversée à cause des effets secondaires dont le surdiagnostic.

Le Dr Fritz Schröder de l’université Erasme à Rotterdam et ses collègues rapportent des données actualisées avec un suivi jusqu’en 2010 et des analyses à 9, 11 et 13 ans.

Dans cet essai mené dans huit pays d’Europe, le dépistage était réalisé tous les quatre ans (tous les deux ans en Suède) dans le groupe intervention.

Le dépistage a permis de réduire la mortalité par cancer de la prostate de 15% à neuf ans et cela s’est amélioré à 22% à 11 ans. Avec 13 ans de suivi, la réduction du risque de décès ne s’est pas améliorée mais restait à un cinquième (21%). Les hommes effectivement dépistés avaient une réduction de la mortalité de 27%.

Le bénéfice absolu s’est accru avec le suivi avec une réduction de 0,11 pour 1.000 personnes-années ou 1,28 pour 1.000 hommes randomisés. Le nombre d’hommes à inviter au dépistage pour éviter un décès par cancer de la prostate a diminué de 1.410 après neuf ans de suivi à 781 après 13 ans. Le nombre de cas à diagnostiquer et à traiter pour éviter un décès a chuté de 48 à 27.

Le risque de cancer de la prostate avancé était aussi plus faible dans le groupe dépisté. "Le dosage du PSA offre une réduction substantielle de la mortalité par cancer de la prostate, similaire ou plus grande que celle rapportée avec le dépistage du cancer du sein. Mais le surdiagnostic concerne environ 40% des cas détectés induisant un haut risque de surtraitement et des effets secondaires fréquents comme l’incontinence et l’impuissance", commente le Pr Schröder dans un communiqué du Lancet.

"Le temps de mettre en place un dépistage dans la population générale n’est pas encore venu. D’autres recherches doivent être menées rapidement sur des moyens de réduire le surdiagnostic si possible en évitant des biopsies inutiles et en réduisant le très grand nombre d’hommes qui doivent être dépistés, avoir une biopsie et être traités pour en aider seulement quelques-uns", ajoute-t-il.

Le spécialiste cite une approche prometteuse avec l’IRM multiparamétrique pour distinguer les cancers plus agressifs et éviter le diagnostic de tumeurs sans conséquences qui évoluent tellement lentement que la plupart des hommes mourront d’autre chose. Mais à ce jour, il faut informer les hommes sur les risques associés au dépistage. Lancet